Le légendaire châssis Tamiya 3 Speed

Outre la mythique carrosserie du Toyota 4x4 Pickup Hilux, l'une des caractéristiques marquantes de ces modèles est le réalisme mécanique des châssis. Bien entendu, la boite de vitesses est emblématique, mais le châssis en lui-même n'est pas à négliger : en effet, comme sur le modèle à l'échelle 1 sorti des usines Toyota, la réplique par Tamiya utilise un châssis à longerons et une suspension à lames.

C'est ce que nous allons voir en attaquant l'assemblage du châssis qui commence avec le châssis à longerons partiellement pré-monté :

 

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Ladder frame chassis 

 

La fameuse clé Tamiya donne une idée de l'échelle de la pièce à laquelle seront consacrées les 4 premières étapes du manuel. Essentiellement, il s'agit d'ajouter les supports d'amortisseurs, de ressorts à lames et de pare-choc arrière ainsi qu'un premier renvoi de direction. Il s'agit également de terminer le pré-assemblage du châssis, car Tamiya n'a positionné que la visserie essentielle pour donner forme au châssis : il manque en effet toute la visserie de renfort qui sera indispensable à la robustesse du châssis.

Justement, il est nécessaire de reprendre l'intégralité de l'assemblage proposé par Tamiya afin de sécuriser toutes les vis au frein-filet. C'est le festival Loctite : à peu de choses près, sitôt que vous prenez le tournevis en main, vous utilisez le frein-filet. Environ 50 fois au cours des 4 premières étapes du manuel, et c'est un exercice qui se poursuit pendant tout le montage.

Un châssis 3 Speed, même en version ré-éditée comme c'est le cas ici, c'est l'héritier de l'ère "métal" de Tamiya, une période chérie des collectionneurs au cours de laquelle Tamiya limitait encore son savoir-faire dans le moulage plastique aux seules carrosseries (dans le domaine RC). Concrètement, le recours massif au métal influe directement sur le poids conséquent des modèles de cette époque, la quincaillerie pléthorique ne participant pas à alléger le tout. Pour illustrer ce propos, seules 3 grappes de pièces en plastique concernent le châssis, dont une est essentiellement constituée des boîtiers de protection de l'électronique.

Sur ces photos prises à l'issue de l'étape 4 du manuel, les pièces blanches sont en plastique :

 

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Ladder frame chassis

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Ladder frame chassis

 

Sur la dernière photo, la loupe pointe la vis du châssis sur laquelle la notice n'indique pas d'appliquer du frein-filet : vous lisez bien, la notice se contente de ne pas inclure cette vis parmi celles sur lesquelles il est recommandé d'utiliser le frein-filet. C'est un détail subtil, mais vous en saisirez l'importance à la dernière étape de l'assemblage du châssis : dans quelques heures, vous réaliserez votre erreur si vous avez appliqué du frein-filet sur cette fameuse vis (et sa jumelle qui lui fait face de l'autre côté du châssis). Au cas où, sachez qu'une vis prise dans du frein-filet aura tendance à ne pas pouvoir être dévissée (c'est le rôle du frein-filet, justement laughing), particulièrement dans le cas où l'écrou est difficilement accessible. Cependant, un disque de découpe et une dremel permettent de résoudre le problème en découpant la tête de vis, ce qui permet de l'extraire du châssis afin de procéder sereinement à l'assemblage de l'étape 38. Voilà, c'est dit. Devinez comment je suis au courant de cette subtilité ? wink.

La préparation du châssis à longerons est pour le moment terminée. On passe à l'assemblage des ponts en commençant par les différentiels et les pignons d'attaque : 

 

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Differential 

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Differential

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Differential

 

Tout est en double car les différentiels sont identiques sur les ponts avant et arrière. Contrairement à mon LandFreeder / Mitsubishi Pajero qui est pourtant destiné à la même utilisation, j'ai copieusement graissé les différentiels comme la notice le recommande. Petite explication : initialement, mon châssis CC-01 devait subir toutes les conditions de trial, y compris les plus humides (si vous voyez ce que je veux dire... laughing). D'où un assemblage sans graisse dans la pignonerie afin d'éviter que la graisse ne se transforme en pâte abrasive à cause de toutes les impuretés qui pénétreraient dans la transmission. A l'usage cependant, j'ai pris conscience qu'un CC-01 n'est pas conçu pour être amphibie : protéger la transmission est une chose, la rendre étanche pour submerger presque entièrement le châssis en est une autre (qui s'avère impossible, d'ailleurs). De fait, après quelques sorties, j'ai entièrement graissé toute la pignonerie de mon Pajero pour la protéger et pour rendre la transmission plus fluide. Dorénavant, mon modèle roule toujours dans l'eau, mais pas plus profonde que les écrous de roue afin de préserver la mécanique. C'est pourquoi la transmission de mon Mountain Rider sera entièrement graissée, d'autant plus que la boîte de vitesse est un élément mécanique sensible que je tiens à préserver.

A présent, on assemble les différentiels dans les ponts avant et arrière :

 

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Front Rear Axle

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Front Rear Axle

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Front Rear Axle 

Tamiya 84386 Toyota Mountain Rider Front Rear Axle 

 

Les ponts avant et arrière sont identiques dans leur principe, hormis que l'avant est moins large puisqu'il reçoit le système de direction. Sur la 3ème photo, les flèches pointent le système de blocage du différentiel arrière : il suffit d'insérer un axe dans le pont. Cet axe traverse le carter du différentiel ainsi que l'axe de roue, ce qui rend l'axe de roue solidaire du carter de différentiel : le différentiel est ainsi bloqué. Le système est identique sur le pont avant : la vis sans tête (noire) visible sur le carter (photo 4) cache le trou à travers lequel insérer l'axe de blocage. De cette manière, il est possible de bloquer ou débloquer les différentiels même lorsque le châssis est complètement assemblé : en pratique toutefois, on préférera réaliser cette opération au moment de l'assemblage des ponts. Si le blocage / déblocage des différentiels est possible une fois le châssis assemblé, l'opération n'est pas particulièrement aisée à réaliser.

A l'étape 9, la notice préconise de limer les extrémités du pont avant afin de faciliter la rotation des fusées : sur mon exemplaire, l'articulation des fusées est absolument libre et je n'ai pas trouvé de matière à éliminer pour améliorer le mouvement déjà parfaitement fluide. Il est possible que l'amélioration du processus de fabrication ait rendu cette opération superflue.

A ce moment du montage, 9 étapes de la notice ont été réalisées sur les 38 consacrées au seul châssis. Il m'aura fallu environ 3h pour atteindre ce point du montage : j'avoue avoir pris mon temps, mais il est important de souligner que ce montage est plus compliqué que sur un modèle classique. Etudier attentivement chaque étape de l'assemblage est indispensable, à la fois pour préparer des éléments et la visserie nécessaires (application du frein-filet), mais également pour repérer avec précision le sens d'assemblage de certaines pièces.

 

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